Sur un chantier, l'entretien de la base vie n'est pas une question de confort : c'est une obligation que le Code du travail fait peser sur l'employeur. Les cabinets d'aisance doivent être nettoyés et désinfectés au moins une fois par jour, les douches tenues en état constant de propreté. Voici ce que cela implique concrètement, zone par zone.
Ce qu'on appelle une base vie
La base vie, ce sont les modules installés sur le chantier pour accueillir les compagnons : vestiaires, sanitaires, douches, réfectoire, et le plus souvent un bureau d'encadrement. Un ensemble de cent à deux cents mètres carrés, occupé toute la journée par des personnes qui y entrent avec des chaussures de chantier, de la poussière de découpe et de la boue.
C'est un lieu de travail à part entière, et il est traité comme tel par la réglementation. La différence avec des bureaux, c'est l'intensité : une base vie se salit en quelques heures, pas en quelques jours.
Ce que le Code du travail impose, précisément
Quatre obligations structurent l'entretien d'une base vie. Elles ne sont pas des recommandations.
- Les cabinets d'aisance sont nettoyés et désinfectés au moins une fois par jour. L'article R. 4228-13 l'écrit en toutes lettres, et il ajoute que les sols et les parois doivent être en matériaux imperméables permettant un nettoyage efficace. C'est la règle qui commande tout le reste : elle fixe la fréquence minimale à un passage quotidien.
- Les douches sont tenues en état constant de propreté. L'article R. 4228-9 parle d'un état constant, pas d'un nettoyage périodique. Sol et parois doivent également permettre un nettoyage efficace.
- Les vestiaires et les lavabos sont ventilés et convenablement chauffés (article R. 4228-4). Un local mal ventilé garde l'humidité, et l'humidité fait le reste.
- Les installations sont séparées pour les femmes et pour les hommes dès lors que le personnel est mixte (article R. 4228-5). Deux blocs à entretenir, pas un.
Une dérogation existe, accordée par l'inspection du travail, mais elle est conditionnée à des mesures équivalentes : elle allège la forme, pas le résultat attendu.
Qui porte l'obligation
C'est l'employeur. Sur un chantier, cela désigne en pratique l'entreprise générale ou le titulaire du lot qui met la base vie à disposition. Confier le nettoyage à un prestataire ne transfère pas la responsabilité : elle reste chez le donneur d'ordre, qui doit pouvoir démontrer que les passages ont bien eu lieu.
C'est la raison pour laquelle nous traçons chaque passage. Un registre qui dit qui est venu, quand, et sur quelles zones, vaut beaucoup mieux qu'une facture mensuelle le jour où la question est posée.
Ce que couvre un passage quotidien
Un passage sérieux sur une base vie ne se résume pas à vider les poubelles.
- Sanitaires : cuvettes, abattants, lunettes et urinoirs désinfectés, pas seulement nettoyés. Robinetteries et lavabos détartrés, miroirs repris, sols lavés avec un produit désinfectant.
- Douches : bacs, parois et robinetteries, avec une attention au siphon et aux joints, là où l'humidité s'installe.
- Vestiaires : sols, bancs, dessus et extérieurs des armoires. Les vestiaires sont la zone où la poussière de chantier se redépose le plus vite.
- Réfectoire : tables, chaises, plans de travail, évier, extérieur du réfrigérateur et du micro-ondes, sols. C'est une zone alimentaire, elle ne se traite pas avec les mêmes produits que les sanitaires.
- Déchets : évacuation vers les bennes du chantier, et remise en place des sacs.
- Consommables : papier, savon et essuie-mains contrôlés et réapprovisionnés à chaque passage. Un distributeur vide à dix heures du matin annule le travail de la veille.
Les fréquences qui tiennent dans la durée
Toutes les zones n'ont pas le même rythme, et vouloir tout traiter à la même fréquence coûte cher pour rien.
- Sanitaires, douches, vestiaires, réfectoire : un passage par jour. C'est le minimum réglementaire, et c'est aussi ce que la fréquentation impose.
- Bureaux d'encadrement : deux passages par semaine suffisent dans la plupart des cas. Les locaux d'encadrement sont occupés par moins de monde et se salissent moins vite.
- Vitrages, remises en état plus lourdes : au mois, ou au moment des réceptions et des visites.
Un point d'organisation compte autant que la fréquence : l'heure de passage. Intervenir avant l'arrivée des compagnons, ou après leur départ, change complètement le résultat. Un sanitaire nettoyé à onze heures est déjà repris à midi.
Ce qui fait échouer un contrat de base vie
Nous voyons revenir les mêmes causes.
- Les consommables oubliés dans le contrat. Si personne n'a écrit qui fournit le papier et le savon, la rupture arrive dans les quinze premiers jours, et c'est le prestataire qu'on regarde.
- L'absence de local pour le matériel. Sans un placard fermé sur place, tout le matériel fait l'aller-retour à chaque passage. C'est du temps payé qui ne nettoie rien.
- Le passage calé au milieu de la journée, parce que c'était pratique à la signature.
- Aucune trace écrite des passages. Le jour d'un contrôle ou d'une remarque, il n'y a rien à montrer.
- Le chantier qui grossit sans que le contrat bouge. Une base vie prévue pour vingt compagnons et occupée par cinquante ne se nettoie pas dans le même temps.
Et la fin de chantier, dans tout ça
Ce sont deux prestations différentes, et les confondre coûte cher. L'entretien de la base vie accompagne le chantier pendant toute sa durée. Le nettoyage de fin de chantier intervient une fois, avant la réception, sur l'ouvrage lui-même. Un chantier de onze mois a besoin des deux, à des moments différents, et il est fréquent que le second soit chiffré en oubliant le premier.
Entre les deux, le nettoyage en cours de chantier traite les circulations, les voiries et les zones communes, pour la sécurité et pour tenir les délais.
Ce que nous demandons avant de chiffrer
Un prix donné sans ces éléments est un prix qui bougera, et personne n'y gagne.
- Le plan d'installation de chantier, qui dit combien il y a de blocs et comment ils sont répartis.
- L'effectif prévu, qui détermine la charge des sanitaires et la consommation de consommables.
- L'horaire de passage souhaité, avant ou après les compagnons.
- La durée prévisionnelle du chantier, et les périodes d'arrêt.
- L'existence d'un local fermé pour laisser le matériel sur place.
- L'accès : badge, clé, gardiennage.
Questions frequentes
Le nettoyage des sanitaires de chantier est-il vraiment obligatoire tous les jours ?
Oui. L'article R. 4228-13 du Code du travail impose à l'employeur de faire nettoyer et désinfecter les cabinets d'aisance au moins une fois par jour. La fréquence quotidienne n'est pas un usage du métier, c'est un minimum réglementaire.
Qui est responsable si les sanitaires du chantier sont sales ?
L'employeur qui met les installations à disposition. Faire appel à un prestataire n'exonère pas de cette responsabilité : le donneur d'ordre doit pouvoir démontrer que les passages ont eu lieu, d'où l'intérêt d'un suivi écrit.
Les consommables sont-ils compris dans un contrat de nettoyage de base vie ?
Cela dépend du contrat, et c'est précisément pour cela qu'il faut l'écrire. Papier, savon et essuie-mains peuvent être fournis par le prestataire ou par l'entreprise. Ce qui pose problème, c'est quand la question n'a pas été tranchée.
Faut-il nettoyer le bureau d'encadrement aussi souvent que les sanitaires ?
Non. Les locaux d'encadrement accueillent moins de passage : deux interventions par semaine suffisent généralement, quand les sanitaires et le réfectoire demandent un passage quotidien.
Intervenez-vous en dehors de Bordeaux ?
Oui. Nous sommes basés à Bordeaux et nous intervenons en Gironde comme au-delà. Un chantier éloigné se chiffre, il ne se refuse pas.
